Interview

Rencontre avec les fondateurs de la startup Persil et Romarin

11/6/2021
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Rencontre avec les fondateurs de la startup Persil et Romarin

Mayana Elbaz et Matthieu Piron-Lafleur, co-fondateurs de la startup Persil et Romarin, et accompagnés par 1Kubator Bordeaux depuis Juin 2020 reviennent avec nous sur leur parcours. 
A une époque où le temps est une denrée rare, il est de plus en plus difficile de prendre le temps de cuisiner des produits sains et gustativement bons. Face à ce constat, Mayana et Matthieu ont créé Persil et Romarin, qui permet de faire venir un chef chez soi, pour cuisiner tous les repas de sa semaine, en une fois.
Dans cette interview, les deux associés nous livrent leurs recettes pour entreprendre : comment passer de l'idée aux premiers clients, comment mettre en place une stratégie RP pérenne, ou encore comment intégrer 1Kubator leur a permis de concrétiser leur projet.

L'histoire de Persil et Romarin 🗞️

Bonjour à tous les deux, est-ce que vous pouvez vous présenter ?

Nous nous sommes rencontrés en 2015 sur les bancs de l’école en majeur entrepreneuriat, très rapidement, nous avons créé Gourmet story, une entreprise d’ateliers culinaires et de chefs à domicile pour des événements.

Un soir de confinement, sur un groupe Facebook de chefs aux États Unis, un chef qui fait du "meal prep" (de la préparation de repas du quotidien), poste ce message : "je suis débordé de demandes, est-ce que vous aussi ?"
En lisant les messages de ces chefs américains expliquant qu’ils étaient obligés de refuser énormément de demandes, nous nous sommes dit qu'il y avait un marché.
Cette nuit-là, nous nous sommes couchés à 3h du matin, à travailler sur un début de business plan !

Quand on parle de Persil et Romarin, on parle de “Batchcooking”, qu’est ce que c’est exactement ?

Le batchcooking c'est la version française du meal-prep. Le principe c’est de faire ses courses le samedi, de cuisiner le dimanche pour avoir tous ses repas de la semaine prêts.

Chez Persil et romarin on propose un service de chefs qui se déplacent une fois par semaine chez toi pour préparer en une fois tous les repas de ta semaine. 

Combien de personnes travaillent sur le projet ? 

Nous sommes tous les deux, avec trois personnes en stage : Laurine en community management, Théo en business développement et customer expérience et Christophe en développement web.  Et nous travaillons avec 6 chefs. 


La stratégie de développement 📈

Où en êtes-vous dans votre processus de développement ?

Nous avons montré qu’il y avait un marché, des personnes sont prêtes à payer pour notre service, avec en moyenne une dizaine de prestations par semaine. Aujourd’hui, il nous reste à montrer qu’il y a de l’intérêt du côté des chefs.

Qu’est-ce que vous imaginez pour le futur ? Quels sont vos objectifs ?

Nous avons un objectif de 100 prestations par semaine à Bordeaux pour fin décembre 2021. Une fois que nous aurons validé que nous pouvons faire ce volume, on s'étendra pour être à terme présent sur toutes les métropoles françaises, puis ensuite les villes plus petites et enfin en Europe. 

Comment avez-vous fait pour rencontrer votre clientèle ? 

Nous avons très rapidement testé le service. Nous avons eu l’idée en mars, en mai nous étions dans des cuisines d’amis. Rapidement nous sommes allés dans les cuisines de personnes qui montraient de l’intérêt pour le service, d'abord gratuitement, puis en facturant le service.

Au bout de 6 mois nous avons lancé notre première phase de test, on avait un site internet sommaire, on envoyait les menus en pdf, les clients choisissaient en nous répondant par mail, ça n'était vraiment pas organisé. Nos premiers clients en dehors de nos amis, nous les avons trouvé en envoyant des questionnaires sur des pages Facebook. Le bouche à oreille a naturellement opéré, nous avons réussi à créer un petit noyau de clients fidèles, ce qui nous a permis de créer le service avec eux et d'en faire des clients ambassadeurs.

Côté chef, nous avions notre réseau de départ, puis nous avons posté des annonces sur des groupes de chefs sur Facebook. Nous avons également été relayé dans la presse ce qui a attiré des chefs. 

Notre philosophie, ça a toujours été le MVP, on ne mettra jamais 100 000€ dans quelque chose. Nous avons commencé avec un wordpress gratuit, ça ne nous coûtait presque rien.

Vous avez fait plusieurs apparitions dans la presse, quelle a été votre stratégie RP ? 

Au début, ça a été une opportunité, on a questionné des salariés de Sud Ouest pour notre étude marché, les personnes qui ont répondu ont adoré le projet, ils en ont parlé autour d’eux et c’est tombé dans l’oreille de journalistes. On a eu notre premier article comme ça. 
Suite à ça, nous avons mis en place une stratégie qui a été d’envoyer des communiqués de presse toutes les 3 semaines. Nous avons investi beaucoup de temps pour sélectionner les journalistes à qui on voulait les envoyer, et chaque message était personnalisé en fonction du journaliste, de sa cible. 

Comment voyez-vous le futur de Persil et Romarin ? Quelle est votre vision pour ce projet ?

Nous avons à cœur de mettre en place un cercle vertueux avec l’ensemble des acteurs, que ce soit pour les chefs, ou pour les producteurs.


Chez Persil et Romarin, notre valeur principale c’est le plaisir, nous avons envie de le remettre au centre de nos vies. Nous voulons que nos clients prennent du plaisir, qu’ils mangent bien, des produits sains, que nos chefs aussi aient du plaisir à cuisiner chez nos clients, et enfin nous aussi nous avons envie de nous lever le matin content de ce que nous faisons. 

Quel est le retour de vos clients aujourd’hui ? 

Ils viennent chez nous pour gagner du temps, pour manger mieux et local.
Nous avons très peu de clients qui ne sont pas satisfaits et, pour ceux qui ne renouvellent pas l'expérience, c’est parce que ça ne rentre pas dans leur budget quotidien, ils souhaitent dépenser leur argent autrement.

Une bonne preuve de la satisfaction de nos clients, c’est le parrainage : un quart des parrainages envoyés sont validés. Sur l'ensemble de nos clients, la moitié d’entre eux se montrent fidèles et ont commandé à plusieurs reprises. Dans notre secteur d'activité, la récurrence est un indicateur clé.

Avez-vous quelque chose à ajouter ? 

D’ici septembre, nous allons développer notre offre sur Bordeaux avec l’arrivée de notre nouveau site internet. Cela va permettre de réserver plus facilement et nous allons ajouter des options supplémentaires, comme par exemple la possibilité de commander des desserts.

Nous allons faire une petite campagne de lancement bien sympathique… suivez-nous pour être tenu au courant de la suite. 

L'expérience 1Kubator 🚀


Vous êtes accompagné par 1Kubator depuis quand ? Qu’est-ce que ça a changé pour Persil et Romarin ?

Nous sommes rentrés début Juin 2020.

Ça a changé plusieurs choses, premièrement 1Kubator a cru en notre idée et a investi de l’argent, ça nous a rassuré et nous a donné confiance pour nous donner à fond dans le projet.

Aussi, quand nous allons voir d’autres acteurs ou lorsqu’on en parle autour de nous, ça nous donne beaucoup de crédibilité. 1Kubator est perçu comme un label de qualité.

Il y a également l'encadrement. C’est notre première entreprise avec ces ambitions là, nous ne savions pas où aller, et comment y aller. 1Kubator nous a apporté un cadre.

Matthieu:

Je recommande d’autant plus 1Kubator aux primo-entrepreneurs, c’est très important d’avoir un accompagnement lorsque l'on débute dans l'entrepreneuriat. Ouvrir son capital à la création de la société peut faire peur, mais il faut voir ce que ça apporte en échange ; quand on démarre, on donne 10% de rien.


Mayana : Nous avons postulé à d’autres incubateurs et nous avons décidé de venir ici parce qu’il y a cet aspect gagnant-gagnant, 1Kubator investi de l’argent, ils sont là pour que l'on réussisse.


Ça a été le meilleur levier que nous avons pu actionner pour lancer Persil et Romarin. Sans 1Kubator, on serait probablement encore dans notre canapé, à chercher comment nous pouvons mettre en place le projet. Si c'était à refaire, on le referait sans hésiter.

Quel est le conseil qu’on vous a apporté ici, qui a été vraiment significatif ?

C’est pas forcément un conseil, mais on nous a énormément challengé. On ne s'est jamais autant fait challenger de notre vie. Ça nous a appris la posture entrepreneuriale, et de leader, que nous n'avions pas avant. Sans ça, on l’aurait peut-être eu, mais certainement pas aussi vite. 

Pour finir, quel conseil donneriez-vous aux personnes qui lisent l’article ? 

Mayana : Une phrase que l'on m’a dit au lycée et qui m’a toujours marqué, c’est

“pour apprendre à nager il faut se jeter à l’eau”. 


Je suis convaincue que dans le monde entrepreneurial, il faut se lancer vite. Même si l'on fait énormément d’erreurs, c’est comme ça que l'on apprend.

Matthieu :

“Ne pas négliger l’importance de l’humain et de faire attention à soi.”

Dans beaucoup de podcasts on t'explique comment être un entrepreneur fort, qui réussit. Mais on parle moins des faiblesses "humaines". Ce sentiment où tu te lèves le matin et t’as juste envie de te recoucher. C’est un peu tabou.

Ce que j'aimerais dire à quelqu’un qui veut se lancer, c’est qu’il y a des moments ou ça va être vraiment dur, où tu vas tout remettre en question, et c’est normal, tout le monde passe par là. N’hésite pas à en parler autour de toi, à bien t’entourer, et surtout ne culpabilise pas.

Mayana : Je suis beaucoup plus présente sur des réseaux d’entrepreneuses, et notamment aux Etats-Unis. On y retrouve beaucoup plus un discours de déculpabilisation. L'idée c'est qu’on ne peut pas être à 100% tous les jours donc une bonne technique c’est de se dire “tu es à 100% de ta capacité du jour” et dans ces cas là c’est une bonne journée pour toi.

Merci à tous les deux.

Matthieu, Mayana et Théo à 1Kubator




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