[KAFÉ] Rencontre avec les gagnants du Game Of Pitch

26/2/2021

26/2/2021

National

Il y a quelques mois, nous organisions la première édition du Game Of Pitch : le concours national de pitchs du réseau 1Kubator. 


D’abord organisé en interne à Lille, cet événement a pris un tout autre tournant en devenant national. À Lyon, Bordeaux, Nantes, Rennes et Lille, ce sont pas moins de 18 startups du réseau qui se sont affrontées pour être sacrées Roi ou Reine du pitch. 👑

Pendant 3 sessions de sélection, les startups ont pitché sans relâche face à plus d’une centaine de spectateurs. Elles ont enchaîné les pitchs, bravé leurs courages et défendu corps et âme les couleurs de leurs startups. Un grand bravo à elles ! 👏

Lors de la finale, Jules Duplantier, co-fondateur de la startup bordelaise Artlee et Margo Chaillou, co-fondatrice d’Improved Impact ont été élu·e·s roi et reine du pitch. 


Suite à leurs victoires, ils nous livrent leurs conseils et leurs ressentis le temps d’un kafé. ☕️

Pour commencer : toutes nos félicitations !

Margo & Jules, pouvez-vous vous présenter en quelques lignes. ✏️

Margo Chaillou, co-fondatrice d’Improved Impact, la première plateforme qui réalise des audits et des recommandations pour l’impact social et environnemental des sites internet.

Mon seul objectif est de rendre le web accessible à tous, tout en préservant notre planète. Cet objectif guide ma vie professionnelle depuis maintenant plusieurs années. En tant qu’UX Designer, j’ai pu créer des interfaces éco-responsables et accessibles, travailler sur différents projets Web. 

Nous accompagnons toutes les entreprises vers un numérique responsable avec des outils créés spécialement pour eux qui les sensibilisent et les accompagnent pour avoir des sites accessibles à tous et éco-responsables. 


Je m’appelle Jules Duplantier, bordelais de 24 ans et je suis actuellement le co-fondateur de la startup Artlee : la 1ère plateforme d’achat et de vente d’œuvre d’art où vous pouvez suivre en temps réel l’évolution de la valeur de vos œuvres.

J’ai fait des études en histoire de l’art et j’ai grandi dans une famille où je baignais dans ce monde puisque mon père est artiste et ma mère historienne de l’art et galeriste.



Comment vous est venu l’idée de votre startup ? 💡

Margo : Pour avoir un véritable impact sur le Web et atteindre cet objectif, il était nécessaire pour moi d’aller plus loin avec la création d’Improved Impact pour aider les entreprises à aller vers un numérique responsable.  

J’ai découvert que mes collègues (les professionnels du Web) avaient peu de connaissance sur ces sujets et que les outils disponibles sont essentiellement réservés aux experts en accessibilité numérique ou en éco-conception. 

Aujourd’hui, l’impact du web est terrible puisqu’il pollue et 24% de la population ne peut pas accéder à ces contenus. Improved Impact a donc un objectif : rendre le web 100% accessible et éco-responsable. Notre plateforme calcule donc l’impact social et environnemental des sites internet pour ensuite leur donner des recommandations afin qu’ils puissent améliorer leur site. 


Jules : L’idée d’Artlee m’est venue il y a deux ans lors d’une soirée entre amis où j’ai fait la rencontre d’une jeune entrepreneure. Elle était financée par un incubateur, concept que je ne connaissais pas à l’époque. Cela m’a beaucoup plu et je suis alors, dès le lendemain, allé chez mon ami Jeremy, qui deviendra par la suite mon associé. 

Nous nous sommes enfermés dans sa chambre en se disant que si l’on trouvait l’idée, on pouvait se faire financer, aider et accompagner. Etant donné que nous sommes dans le même milieu artistique, lui comme moi, nous avons établi la problématique qu’à cette époque, nous avions beaucoup d’amis qui peignaient, dessinaient, qui avaient du talent, mais qui avaient du mal à être pris au sérieux et à se faire connaître. C’était donc compliqué pour eux d’être représentés par une galerie et donc de vendre. 

En parallèle, je voyais mon père qui est un artiste plutôt reconnu et qui avait une envie de se digitaliser et de pouvoir vendre sans devoir jusqu’à 50% de commission à une galerie. Or, étant donné que l’on passe nos journées sur nos téléphones, l’idée de créer une application qui permettrait aux jeunes artistes et artistes professionnels de pouvoir directement vendre leurs œuvres aux amateurs nous a paru évidente.

Quand avez-vous rejoint 1Kubator ? 👋

Margo : J’ai rejoint 1Kubator Lyon dans le programme 1Kréation Impact en janvier 2020 au sein de la promotion Hiver. 


Jules : J’ai rejoint 1Kubator en janvier 2019 après avoir passé le 1Krashtest où l’on avait rencontré Laurent, le chef du bureau d’1Kubator Bordeaux. La problématique était ensuite posée : Pourquoi une œuvre d’art vaut tel ou tel prix et pourquoi ne pas connaître l’évolution du prix de l’œuvre, fonctionnalité que l’on a alors ajoutée.

🔍 Découvre nos programmes d'incubation à ton tour !

Qu’est ce que vous avez appris à travers le Game Of Pitch ? 🎙

Margo : Écrire le pitch, savoir ce que j’allais dire avec différentes parties : la problématique et comment on y répond, et puis après l’entraînement chronométré, car c’est important de respecter le timing et puis coachée par les startups managers qui m’ont challengée dessus. 


Jules : Dans un premier temps, j’ai appris mon pitch ce qui est tout de même assez essentiel pour un entrepreneur. Quand on connaît bien sa trame, il est beaucoup plus simple de parler de son projet de manière fluide et naturelle. Aussi, même si je n’avais pas la pression du présentiel puisque les épreuves se sont faites en visio, cela m’a appris une toute nouvelle manière de communiquer à mon public.

Ensuite, le directeur de bureau d’1Kubator bordeaux a littéralement impacté ma manière de pitcher. Ce qui fonctionne avec lui, c’est son côté très pragmatique qui évite une perte de temps considérable. Mais, il va en parallèle prendre le temps de nous aider à retourner nos phrases et à tisser un discours plus adapté. 

📣 “Quand on connaît bien sa trame, il est beaucoup plus simple de parler de son projet de manière fluide et naturelle.”


Avez-vous des conseils à transmettre concernant le pitch ou encore le pitch deck ? 💪

Margo : D’un côté je conseille beaucoup de répétitions, mais d’un autre côté il ne faut pas être dans le par-cœur, il faut garder ce côté naturel. moi j’ai toujours préparé des plans et ensuite mes phrases évoluent selon comment je le sens. Mais avoir une bonne préparation c’est la clé. Ce que je déconseille en revanche, ce sont les slides trop chargées qui perdraient un peu les gens qui nous écoutent et qui vont lire les slides et donc ça perd en intensité. Je conseille de moduler sa voix aussi car c’est important de ne pas être monotone. 

🎤 Les 5 bonnes pratiques pour son pitch deck avec Eric Seclet


Jules : Une fois ma trame et mon support visuel établis, je me suis simplement enregistré en récitant mon pitch et écouté l’audio en boucle pour mémoriser mon discours. J’ai cependant dû retravailler mon pitch pour la seconde épreuve car le sujet était “pitcher à un investisseur” où l’on nous demande plus de rentrer dans le vif de la technologie, des chiffres sur le marché, etc. Il y avait donc plus de travail en amont et un vocabulaire plus précis à adopter.


Quelle est votre roadmap ? Vos prochaines étapes ? 🛣

Margo : Concept prouvé, vrai impact derrière quand les gens ont des premières recommandations, on a été bluffés des résultats, on ne s’attendait pas à autant d’engouement et de responsabilisation. 

On est à un stade où on a prouvé que c’était bon pour les gens et pour la planète, maintenant il faut le prouver à de nouveaux clients. On est dans le développement de notre MVP (Produit Minimum Viable) et à la recherche de nos premiers clients. Enfin quand tout sera automatisé on voudra encore plus de clients freemium etc. On réduit le temps d’analyse et de recos. 


Jules : Fin Janvier, nous avons reçu la dernière version de l’application, nous corrigeons à l’aide de nos développeurs nos derniers bugs et apportons des dernières modifications. Le mois de février est alors axé sur la communication en prévision de la sortie d’Artlee en début mars. 

En parallèle, nous travaillons avec Aquitaine science Transfert qui nous ont mis en relation avec les chercheurs qui développent une méthode pour calculer l’évolution de la valeur des œuvres, mais pour cela nous avons besoin de données que nous n’avons pas car nous ne sommes pas encore sur le marché. Nous rencontrons alors actuellement les grands dirigeants du marché qui ont des bases de données ou des plateformes de vente en ligne qui marchent à l’international, comme par exemple le directeur exécutif de Artnet, une base de données mondiale. Ceux-ci sont à la recherche de la technologie que nous mettons en place. Notre but est alors de collaborer avec eux et de leur vendre notre technologie, étant les seuls à avoir une piste de développement jusqu’à présent.


Merci à tous les deux pour vos conseils et votre partage d'expérience. 😉


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