[KAFÉ] Rencontre avec Camille Nguyen, responsable de l’innovation et de l’entrepreneuriat pour le réseau C.U.R.I.E et mentor 1Kubator

29/3/2021

4/3/2021

Rennes

Camille Nguyen, responsable de l’innovation et de l’entrepreneuriat pour le réseau C.U.R.I.E revient pour nous sur son parcours professionnel, à mi-chemin entre l’entrepreneuriat et le monde de la recherche. Elle nous livre sa vision des deux mondes et nous explique comment au quotidien, elle œuvre pour les faire travailler ensemble. 

Prêt ? C’est parti pour une interview sous le signe de la science 🔬



Bonjour Camille, peux-tu nous expliquer en quoi consiste ton travail au Réseau C.U.R.I.E ?

A travers le programme Innopreneurs du réseau C.U.R.I.E, mon travail c’est de la sensibilisation à l’entrepreneuriat innovant. Donc de l’entrepreneuriat issu de la recherche publique à destination principalement des doctorants, post doctorants, des chercheurs. Et après plus globalement des étudiants mais aussi des porteurs de projet extérieurs à la recherche publique comme chez 1Kubator par exemple.


« L’objectif de la sensibilisation c’est de planter la petite graine : c’est possible d’entreprendre avec la recherche, sur des résultats de recherche existants, ou d’entreprendre avec des laboratoires. »


Comment en es-tu arrivée là ? Dis-nous tout !

Je suis issue d’un parcours en école de commerce, donc j’ai eu quelques notions projets d’entrepreneuriat, mais ce n’est pas forcément là où je voulais aller pour ma carrière professionnelle. Par contre, j'avais un intérêt personnel pour le monde de la recherche.

Donc je me suis rendue à des conférences, j’ai visité beaucoup de laboratoires, et j’ai trouvé ça très intéressant. 


« Ce qui compte surtout pour moi, c’est que je suis convaincue de l’intérêt de l’open innovation, de dire que l’on peut mutualiser les compétences de chacun pour arriver à un meilleur résultat. »


Dans cette prise de poste au Réseau C.U.R.I.E, ce qui m’a particulièrement intéressée c’est de faire quelque chose de transversal : regrouper des compétences de deux mondes complètement différents, qui ne sont pas censés se parler et qui finalement peuvent pousser des portes pour travailler ensemble.

Du pur concentré du meilleur des deux mondes, c’est ça aussi qui est hyper intéressant : avoir la dimension créative qui vient par l’entrepreneuriat et la partie scientifique, la connaissance pure, la dimension du chercheur qui va sans cesse creuser, il n’y a jamais de limite et c’est ça qui est attirant.



Quel est ton rôle en tant que mentor chez 1Kubator ?

Finalement mon rôle en tant que mentor 1Kubator c’est les missions que je mène au quotidien avec le Réseau C.U.R.I.E mais avec les porteurs de projet des différents bureaux.

Ça passe par la mise en place de masterclass avec les porteurs de projets incubés pour présenter ce qu’est la recherche, la valorisation de la recherche publique et comment concrètement on travaille avec.

Dans un second temps, j’accompagne les porteurs de projets à travers le service InnoClick du réseau C.U.R.I.E, un service qui leur permet de rentrer en contact avec l’ensemble des acteurs du monde de la recherche sur le territoire français.

J’interviens également en support pour les aider à structurer leur parcours avec la recherche : comment on travaille avec la recherche, comment ça fonctionne...donc vraiment des questions de culture du milieu de la recherche pour leur faciliter les démarches.



Quel est l’intérêt de sensibiliser les porteurs de projet à la recherche publique ?

« C’est déjà pour faire prendre conscience que même si on n’a pas de connaissances sur la recherche, même si l’on est pas issu de ce monde, on y a quand même accès. C’est aussi se rendre compte que la recherche est partout. »


Exit l’image d’Epinal du chercheur avec ses petites souris ! En fait, la science se trouve partout au quotidien, dans tout ce que l’on touche, ce que l’on fait, dans toutes nos activités professionnelles.

La recherche elle avait une image d’un monde fermé qui semble inaccessible, mais aujourd’hui la recherche se veut transversale, créer de plus en plus de passerelles avec le monde socio-économique et ouvrir les portes de ses laboratoires.

C’est en sensibilisant les porteurs de projet qu’on leur montre que c‘est possible et qu’il faut pas qu’ils aient peur de frapper aux portes.


Comment imagines-tu l’avenir de la recherche dans le monde de l’entrepreneuriat ?

Je pense que les fondations sont en train de se construire, donc c’est bien ! Les chercheurs entreprennent, les porteurs de projet viennent travailler avec les chercheurs pour collaborer et monter leur projet ! Donc on voit les premiers essais, on voit des essais qui marchent très bien, des ébauches de licornes, des sucess story qui se montent un peu partout. 

On sent que les sujets sont portés aussi par les acteurs de l’innovation et de l’accompagnement car ils se rendent compte que la recherche peut être un acteur principal dans l’entrepreneuriat. Donc on voit que les lignes bougent et je pense que dans le futur ça ne sera plus des premiers pas mais bien des process établis et des évidences ! 


« Demain, quand on voudra entreprendre, on se posera la question d’inclure ou non la recherche. On ne découvrira plus le sujet. »


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